[x]

deviantART

 

Lacryma-episode01-extrait by !lacryma-season01:iconlacryma-season01:



                                                          Lacryma saison01
                                            Episode 01 (10 premières pages)

...................................................................................................................................

                                                Quand une fée m'a dit adieu


Un jour sur Terre.  
   " ... Le nouvel être doit éclore. Cela me rend folle... mais ce sera à vos dépens.  Votre cycle est terminé, vous devez partir.  
   Votre mère, notre mère, est comme vous, ne veut pas mourir. Elle vous aime autant que nous... mais son devoir est d'entretenir la vie... Partez...  
   Laissez-la tout soigner, laissez-la tout créer.  
   S'il te plaît Thesy, pars... oublie-moi... Je ne t'ai jamais aimé... "


...................................................................................................................................
                                                                

                                                                 Jusque là


… 3022 …  
               Sous terre, dans une cellule de quatre mètres carrés, la flammèche d’une bougie tremble… éclaire du mieux qu’elle peut.  
               La silhouette d’une jeune femme berce deux nourrissons, les cajole d’une pléiade de petits bisous, leurs chuchote qu’elle les aime, qu’un jour ils deviendront de grands hommes, puis encore qu’elle les aime, qu’elle les aime, qu’elle les aime…   Elle fixe leurs petits yeux plissés, change d’expression, semble fascinée, approche ses mains de leur visage en peau de porcelaine, presque lumineux ; caresse l’invisible, leur aura, ce petit quelque chose qui lui échappe… Elle ne croît pas en Dieu.             
               Elle méprise les églises qui prirent, selon elle, bien trop de place ; se méfie des derniers croyants, persuadée qu’ils portent la poisse.   Cette intuition lui est apparue cette fameuse année 3003, où ce qui est communément appelé l’apocalypse rongea puis dévora l’intégralité des peuples restés très croyants,  les Australiens,  les Africains,  les Sud-américains … alors qu’en même temps, étaient épargnés 0,5% des américains, 0,3% des européens, 0,1% des asiatiques, 0,7% des tarctiquois, habitants de l’Antarctique et enfin 0,2% des arabes ; tous ces peuples qui n’avaient fait de la foi en Dieu qu’un délire marginal.             

                 Cette année-là, elle n'avait que sept ans. Elle écouta son père, abandonna ses nounours, ses poupées,  les jeta du toit d’un building… Refuge d’une centaine de personnes. Cette année-là... elle avait sept ans... elle regarda ses vieux amis de coton se dissoudre trop vite dans du gaz jaune, se faire ronger… Ce fut la première fois qu’elle vit la Lacryma digérer quelqu’un de ses vents piquants et malsains.   Elle pleura... elle avait sept ans.  
                 Elle arrêta de  sucer son pouce, elle commença à se ronger les ongles. Elle ferma les yeux et pendant très longtemps ne crut plus en rien.
                 Elle ferma les yeux et entra dans une cité souterraine... Survivre... La Cité Souterraine Européenne.

                 Dix-huit ans passèrent... Dix-huit ans d'une vie dissoute, d'une vie bousillée. Dix-huit ans à se ronger les ongles dans une cellule de quatre mètres carrés.              

                  Et puis tout changea.
                  C'était il y a un peu plus d'un an..
                  La nuit du 3 août  3021.  

                  Elle s’extirpa brutalement de quelque noir cauchemar, transpirait, ouvrit les yeux… Crut soudainement aux miracles, crut soudainement à la magie.     Car deux nourrissons dormaient par terre, là juste devant elle... Ils ronronnaient… Leurs corps nus gisaient sur le ciment froid. Leur sommeil semblait malgré tout paisible, profond… Elle cacha ses iris de bonheur, ne voulait surtout pas rêver. Le monde actuel était trop sadique pour que son sommeil le devînt. Cette nuit du 3 août allait faire d'elle une mère. Une mère clandestine. Une mère.           
                  Un monde sadique.
                  Un monde dissout.
                  Le monde des humains d'après Lacryma.
  Un monde dans lequel, très tôt on lui avait interdit d’avoir des enfants. Elle n’avait rien fait à ce monde, elle avait juste été tirée au sort. Pour rendre son devoir plus facile, la police avait eu la délicatesse de lui ligaturer les trompes et de lui coudre le vagin. Elle n’avait pas eu de chance, tout comme 60% des femmes de sa génération. Dans la même année elle dut quitter l’école, elle n’était que cinquième de sa promotion ; seules les trois premières échappaient aux travaux d’intérêt général. Elle rejoignit donc les 296 autres, elle remonta à la surface ; débuta sa première journée d’ouvrière.   
                  Ouvrière. Ouvrière pour la Cité Souterraine. Ouvrière pour l'Europe. Ouvrière de surface. Elle sut qu’elle passerait toute sa vie à construire, à reconstruire, à consolider d’immenses pylônes censés dépasser les nuages... censés dépasser la Lacryma...  
                  Les ingénieurs disaient que grâce à ces poteaux, l’on pourrait un jour bâtir une ville dans la stratosphère. Elle trouvait cela complètement absurde, elle savait que de toute façon jamais elle ne verrait cette cité céleste... Non, elle ne verrait qu’une lente dégradation de son corps, de sa peau, de ses poumons ; elle deviendrait juste comme ces ruines qui l’entouraient et puis elle mourrait.  
  Mais bon... elle ne put pas refuser. Non, refuser c'était être expulsée de la cité souterraine et d’être dépossédée de toute protection contre la Lacryma. Refuser quelque chose à cette sinistre fourmilière, c'était mourir au bout d'une vingtaine ou d'une trentaine de jours, c'était mourir seule au milieu des ruines de ce qu'autrefois on appela "Yotapôle".  
                  Alors elle accepta d’avoir une vie misérable, dont le seul but serait d’édifier des poteaux. Elle commença à oublier le monde d’avant, elle oublia son père, sa mère, sa maison, ses peluches… ce clone qui savait si bien la bercer. Elle oublia tout, ses ambitions, ses rêves, l’amour ; oublia tout… ou presque… elle voulait un bébé.  

                  Cette fameuse nuit du 3 août 3021, elle ouvrit à nouveau les yeux, en vit bel et bien deux, deux bébés ; et sa vie devint autre chose qu’un simple poteau. Elle s’approcha d’eux lentement... doucement...  Elle avait peur qu’ils s’en aillent. Ils dormaient toujours. Elle les trouvait beaux. lls étaient ses petits anges, ils n'avaient pas de nombril. Ils avaient de grands yeux aux pupilles d’ambre qui magnétisaient son regard, toute sa sensibilité de mère naissante. Son cœur battait vers eux à toute allure. Elle se baissa… Elle les prit dans ses bras. Elle posa délicatement ses lèvres sur leurs crânes nus, la voûte des rêves. Elle devint leur mère. A jamais.   
                  Pendant une année entière, elle les cacha, les nourrit comme elle put, leur cousit des langes. Et puis elle leur confectionna deux médaillons où elle grava sur chacun le prénom qu’elle leur avait instinctivement donné :  
                  Thesy.  
                  Thunto.  
                  Un an...  
                  Jusque là tout c’était bien passé. Jusque là.

3022... la nuit du 19 décembre, précisément.
                Elle est toujours là, assise, elle les berce calmement... elle les caresse. Elle se met à chanter...  
                Elle est si belle, douce ; elle les laisse jouer avec ses longs cheveux miel ou avec son étrange collier auquel est accroché un vieux jouet, une sorte de lego. Elle ne semble pas avoir d’âge. Son nez, ses pommettes, sont enfantins mais ses yeux, sa bouche, inspirent la plus pure sagesse. Son corps est fin, au bord de la fragilité mais continue à porter d’entêtants et voluptueux trésors de féminité. Et sa voix… ce chant doux, un peu cassé ; enrobe de sa chaleur,  le moindre atome de la pièce, la rend vivante, les fait tous danser.  Comme chaque nuit, ces quatre mètres carrés de grillage, de ciment, cette sinistre cage, se métamorphosent en une infinité utérine, d’amour, de lumière… de paix...  
                On défonce sa porte. Cinq hommes laids d’hystérie s’invitent. Jusque là.

                                        

                                   Suite de l'épisode 01 : SEPTEMBRE 2007
                                               rendez-vous sur Lacryma
                                                        www.lacryma.fr
©2007-2009 !lacryma-season01
Details
Submitted: July 6, 2007
File Size: 15.3 KB
Image Size: 0 bytes
Resolution: 0×0
Comments: 9
Favourites & Collections: 0

Views
Total: 408
Today: 0

Downloads
Total: 16
Today: 0

Thumb

Author's Comments

juste un début
juste la fin

[link]
[x]

Devious Comments

love 0 0 joy 1 1 wow 1 1 mad 0 0 sad 0 0 fear 0 0 neutral 0 0

Comments


je suis hallucinée par ton concept!

j'adore, vraiment... et j'attends la suite avec impatience.

bravo

--
oO_YuUshUu_Oo
C'est fait pour faire halluciner mais quand ça réussit... c'est hallucinant ! Alors merci beaucoup, me voilà à mon tour impatient que tu lises la suite. Tu seras l'une des premières prévenues ! A bientôt.
j'ai finalement eu le temps de lire et je suis heureuse de l'avoir fait! si tu continues à écrire comme ça, ça va être une sacrée histoire!!! le début est fantastique, il attrape immédiatement, on a envie de lire.... mes plus sincères félicitations pour ce petit morceau, j'attendrai la suite et je créerai le temps si nécessaire pour la lire!!!

:clap: continue!!!!

--
(\/)
(' ' )o [link]
o(")(")
Je continue... je te dis à très bientôt pour la suite alors ; j'espère que cette histoire t'emportera. Merci pour ton tourbillon d'enthousiasme !
Wow, c'est impressionnant!

Je vois bien tout le travail que tu as mis pour créer ce monde et cette vie qui nous est étrangère. J'ai bien hâte de voir comment tu vas organiser la suite, voir comment les personnages vont évoluer...

Ton style m'intrigue, j'ai besoin d'en voir plus sur Lacryma et sur ton écriture!

J'irai lire la suite!
J'adore *__*
J'aime comme tu écrits et l'histoire... L'histoire quoi xD

Huhuhu vivement septembre hein =D

--
† Si je t'aime - à la vie - à la mort - tant qu'on respire encore †
hum, voilà un début bien prometteur ;) vivement la suite

--
Your corset is your armour, lace it tightly, breathing is unimportant
Emilie Autumn
Lacryma adore être adorée... Merci beaucoup.
Tu seras bien entendu prévenue le jour même d'ouverture.
Merci encore et à vite !
Huhuhu nommez moi "Adoratrice" *crève*
A bientôt ! =]

--
† Si je t'aime - à la vie - à la mort - tant qu'on respire encore †

Site Map