Lacryma saison01
Episode 01 (10 premières pages)
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Quand une fée m'a dit adieu
Un jour sur Terre.
" ... Le nouvel être doit éclore. Cela me rend folle... mais ce sera à vos dépens. Votre cycle est terminé, vous devez partir.
Votre mère, notre mère, est comme vous, ne veut pas mourir. Elle vous aime autant que nous... mais son devoir est d'entretenir la vie... Partez...
Laissez-la tout soigner, laissez-la tout créer.
S'il te plaît Thesy, pars... oublie-moi... Je ne t'ai jamais aimé... "
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Jusque là
3022
Sous terre, dans une cellule de quatre mètres carrés, la flammèche dune bougie tremble
éclaire du mieux quelle peut.
La silhouette dune jeune femme berce deux nourrissons, les cajole dune pléiade de petits bisous, leurs chuchote quelle les aime, quun jour ils deviendront de grands hommes, puis encore quelle les aime, quelle les aime, quelle les aime
Elle fixe leurs petits yeux plissés, change dexpression, semble fascinée, approche ses mains de leur visage en peau de porcelaine, presque lumineux ; caresse linvisible, leur aura, ce petit quelque chose qui lui échappe
Elle ne croît pas en Dieu.
Elle méprise les églises qui prirent, selon elle, bien trop de place ; se méfie des derniers croyants, persuadée quils portent la poisse. Cette intuition lui est apparue cette fameuse année 3003, où ce qui est communément appelé lapocalypse rongea puis dévora lintégralité des peuples restés très croyants, les Australiens, les Africains, les Sud-américains
alors quen même temps, étaient épargnés 0,5% des américains, 0,3% des européens, 0,1% des asiatiques, 0,7% des tarctiquois, habitants de lAntarctique et enfin 0,2% des arabes ; tous ces peuples qui navaient fait de la foi en Dieu quun délire marginal.
Cette année-là, elle n'avait que sept ans. Elle écouta son père, abandonna ses nounours, ses poupées, les jeta du toit dun building
Refuge dune centaine de personnes. Cette année-là... elle avait sept ans... elle regarda ses vieux amis de coton se dissoudre trop vite dans du gaz jaune, se faire ronger
Ce fut la première fois quelle vit la Lacryma digérer quelquun de ses vents piquants et malsains. Elle pleura... elle avait sept ans.
Elle arrêta de sucer son pouce, elle commença à se ronger les ongles. Elle ferma les yeux et pendant très longtemps ne crut plus en rien.
Elle ferma les yeux et entra dans une cité souterraine... Survivre... La Cité Souterraine Européenne.
Dix-huit ans passèrent... Dix-huit ans d'une vie dissoute, d'une vie bousillée. Dix-huit ans à se ronger les ongles dans une cellule de quatre mètres carrés.
Et puis tout changea.
C'était il y a un peu plus d'un an..
La nuit du 3 août 3021.
Elle sextirpa brutalement de quelque noir cauchemar, transpirait, ouvrit les yeux
Crut soudainement aux miracles, crut soudainement à la magie. Car deux nourrissons dormaient par terre, là juste devant elle... Ils ronronnaient
Leurs corps nus gisaient sur le ciment froid. Leur sommeil semblait malgré tout paisible, profond
Elle cacha ses iris de bonheur, ne voulait surtout pas rêver. Le monde actuel était trop sadique pour que son sommeil le devînt. Cette nuit du 3 août allait faire d'elle une mère. Une mère clandestine. Une mère.
Un monde sadique.
Un monde dissout.
Le monde des humains d'après Lacryma.
Un monde dans lequel, très tôt on lui avait interdit davoir des enfants. Elle navait rien fait à ce monde, elle avait juste été tirée au sort. Pour rendre son devoir plus facile, la police avait eu la délicatesse de lui ligaturer les trompes et de lui coudre le vagin. Elle navait pas eu de chance, tout comme 60% des femmes de sa génération. Dans la même année elle dut quitter lécole, elle nétait que cinquième de sa promotion ; seules les trois premières échappaient aux travaux dintérêt général. Elle rejoignit donc les 296 autres, elle remonta à la surface ; débuta sa première journée douvrière.
Ouvrière. Ouvrière pour la Cité Souterraine. Ouvrière pour l'Europe. Ouvrière de surface. Elle sut quelle passerait toute sa vie à construire, à reconstruire, à consolider dimmenses pylônes censés dépasser les nuages... censés dépasser la Lacryma...
Les ingénieurs disaient que grâce à ces poteaux, lon pourrait un jour bâtir une ville dans la stratosphère. Elle trouvait cela complètement absurde, elle savait que de toute façon jamais elle ne verrait cette cité céleste... Non, elle ne verrait quune lente dégradation de son corps, de sa peau, de ses poumons ; elle deviendrait juste comme ces ruines qui lentouraient et puis elle mourrait.
Mais bon... elle ne put pas refuser. Non, refuser c'était être expulsée de la cité souterraine et dêtre dépossédée de toute protection contre la Lacryma. Refuser quelque chose à cette sinistre fourmilière, c'était mourir au bout d'une vingtaine ou d'une trentaine de jours, c'était mourir seule au milieu des ruines de ce qu'autrefois on appela "Yotapôle".
Alors elle accepta davoir une vie misérable, dont le seul but serait dédifier des poteaux. Elle commença à oublier le monde davant, elle oublia son père, sa mère, sa maison, ses peluches
ce clone qui savait si bien la bercer. Elle oublia tout, ses ambitions, ses rêves, lamour ; oublia tout
ou presque
elle voulait un bébé.
Cette fameuse nuit du 3 août 3021, elle ouvrit à nouveau les yeux, en vit bel et bien deux, deux bébés ; et sa vie devint autre chose quun simple poteau. Elle sapprocha deux lentement... doucement... Elle avait peur quils sen aillent. Ils dormaient toujours. Elle les trouvait beaux. lls étaient ses petits anges, ils n'avaient pas de nombril. Ils avaient de grands yeux aux pupilles dambre qui magnétisaient son regard, toute sa sensibilité de mère naissante. Son cur battait vers eux à toute allure. Elle se baissa
Elle les prit dans ses bras. Elle posa délicatement ses lèvres sur leurs crânes nus, la voûte des rêves. Elle devint leur mère. A jamais.
Pendant une année entière, elle les cacha, les nourrit comme elle put, leur cousit des langes. Et puis elle leur confectionna deux médaillons où elle grava sur chacun le prénom quelle leur avait instinctivement donné :
Thesy.
Thunto.
Un an...
Jusque là tout cétait bien passé. Jusque là.
3022... la nuit du 19 décembre, précisément.
Elle est toujours là, assise, elle les berce calmement... elle les caresse. Elle se met à chanter...
Elle est si belle, douce ; elle les laisse jouer avec ses longs cheveux miel ou avec son étrange collier auquel est accroché un vieux jouet, une sorte de lego. Elle ne semble pas avoir dâge. Son nez, ses pommettes, sont enfantins mais ses yeux, sa bouche, inspirent la plus pure sagesse. Son corps est fin, au bord de la fragilité mais continue à porter dentêtants et voluptueux trésors de féminité. Et sa voix
ce chant doux, un peu cassé ; enrobe de sa chaleur, le moindre atome de la pièce, la rend vivante, les fait tous danser. Comme chaque nuit, ces quatre mètres carrés de grillage, de ciment, cette sinistre cage, se métamorphosent en une infinité utérine, damour, de lumière
de paix...
On défonce sa porte. Cinq hommes laids dhystérie sinvitent. Jusque là.
Suite de l'épisode 01 : SEPTEMBRE 2007
rendez-vous sur Lacryma
www.lacryma.fr














Devious Comments
Comments
j'adore, vraiment... et j'attends la suite avec impatience.
bravo
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oO_YuUshUu_Oo
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(\/)
(' ' )o [link]
o(")(")
Je vois bien tout le travail que tu as mis pour créer ce monde et cette vie qui nous est étrangère. J'ai bien hâte de voir comment tu vas organiser la suite, voir comment les personnages vont évoluer...
Ton style m'intrigue, j'ai besoin d'en voir plus sur Lacryma et sur ton écriture!
J'irai lire la suite!
J'aime comme tu écrits et l'histoire... L'histoire quoi xD
Huhuhu vivement septembre hein
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Si je t'aime - à la vie - à la mort - tant qu'on respire encore
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Your corset is your armour, lace it tightly, breathing is unimportant
Emilie Autumn
Tu seras bien entendu prévenue le jour même d'ouverture.
Merci encore et à vite !
A bientôt ! =]
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Si je t'aime - à la vie - à la mort - tant qu'on respire encore
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